Fraude au faux fournisseur et au changement de RIB : les vérifications qui protègent votre entreprise

Faux fournisseur, fausse facture, nouveau RIB par e-mail : comment fonctionne la fraude, les contrôles à mettre en place et que faire si vous avez payé.

· Par l’équipe Fuentio · 7 min de lecture

Image de partage : « Fraude au faux fournisseur et au changement de RIB » sur le fond papier de Fuentio, avec l’étiquette Guide.

Le message a l’air normal : le logo du fournisseur, la signature de votre interlocuteur habituel, une facture au bon montant. Seule différence, une phrase : « Suite à un changement de banque, merci d’utiliser désormais le RIB ci-joint. » Le virement part, et l’argent arrive sur le compte d’un escroc.

C’est la fraude au faux fournisseur, ou fraude au changement de RIB. Elle vise les services comptables et achats de toutes les tailles d’entreprises, parce qu’elle s’appuie sur une opération banale et répétée : payer une facture. Ce guide explique comment elle fonctionne, les contrôles qui l’arrêtent, et que faire si un virement est déjà parti.

Les conseils cités viennent de cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif national d’assistance aux victimes de cybermalveillance, consulté le 13 octobre 2026.

Ce que vous allez apprendre

  • Comment se déroule une fraude au faux fournisseur
  • Les signaux qui doivent alerter
  • Les contrôles à mettre en place, de la création du fournisseur au paiement
  • Que faire dans les premières heures si vous êtes victime
  • Ce qu’une vérification au registre apporte, et ce qu’elle n’apporte pas

Comment fonctionne la fraude au faux fournisseur ?

Selon cybermalveillance.gouv.fr, l’arnaque au faux RIB vise à « tromper la victime, en usurpant l’identité d’un créancier » pour obtenir un virement vers un compte contrôlé par l’escroc. Le scénario le plus courant commence par le piratage d’une messagerie :

  1. L’escroc prend le contrôle de la boîte e-mail du fournisseur, ou de la vôtre, et lit les échanges.
  2. Il repère une facture à venir, un interlocuteur et le ton habituel des messages.
  3. Il envoie, depuis la vraie adresse ou une adresse presque identique, une facture modifiée avec un nouveau RIB.
  4. Il ajoute souvent une raison crédible (changement de banque, audit, compte bloqué) et parfois de l’urgence.

Une variante n’utilise pas de piratage : l’escroc crée de toutes pièces un faux fournisseur, avec un nom proche d’une vraie entreprise, et se fait référencer dans vos outils. C’est là qu’une vérification au registre, au moment de la création du fournisseur, est utile.

Les signaux qui doivent alerter

  • Un changement de RIB annoncé par e-mail, surtout sans échange préalable avec votre interlocuteur.
  • Une adresse d’expéditeur presque identique à la bonne : une lettre inversée, un tiret en plus, un autre nom de domaine.
  • Un compte dans un autre pays que celui du fournisseur, sans raison connue.
  • De l’urgence ou de la confidentialité : « à régler aujourd’hui », « ne pas en parler ».
  • Un fournisseur inconnu de vos registres internes, ou dont les informations ne correspondent pas à celles du registre officiel (nom, adresse, SIREN).

Les contrôles qui arrêtent la fraude

1. Rappeler sur un numéro que vous connaissez déjà

C’est la mesure clé, recommandée par cybermalveillance.gouv.fr : contactez directement votre créancier par téléphone pour confirmer toute demande de virement vers un nouveau RIB. Utilisez le numéro déjà enregistré dans vos outils ou figurant au contrat, jamais celui du message qui annonce le changement.

2. Une procédure écrite et sans exception

Cybermalveillance.gouv.fr recommande de diffuser des règles claires d’authentification des demandes de virement imprévues, et une validation hiérarchique interne « non dérogeable ». Concrètement :

  • aucune modification de coordonnées bancaires sans rappel et sans deuxième validation ;
  • une personne qui saisit, une autre qui valide ;
  • une trace écrite de chaque contrôle : qui a appelé, quel numéro, à quelle date.

3. Vérifier le fournisseur à sa création

Avant d’ajouter un fournisseur dans votre logiciel, vérifiez qu’il existe bien dans les registres officiels : un SIREN valide, une entreprise active, un siège qui correspond à l’adresse de la facture, une dénomination identique. Pour la méthode pas à pas, voir vérifier un fournisseur français avec les sources officielles.

Comparez aussi le numéro de TVA de la facture avec celui de l’entreprise : voir vérifier un numéro de TVA intracommunautaire.

4. Revérifier quand quelque chose change

Un changement de RIB, de siège ou de dénomination est le bon moment pour refaire le contrôle au registre. Si l’entreprise a été cédée, placée en procédure collective ou cessée, un « nouveau RIB » peut avoir une explication… ou être une fraude. Voir savoir si une entreprise est en liquidation judiciaire.

5. Sécuriser les messageries

Puisque la fraude commence souvent par un piratage, les conseils de base s’appliquent : mots de passe solides et différents, double authentification activée, mises à jour de sécurité appliquées, sensibilisation des équipes comptables et achats.

Que faire si un virement est déjà parti ?

Selon cybermalveillance.gouv.fr, agissez immédiatement :

  1. Alertez votre banque de l’opération frauduleuse pour tenter de suspendre ou de récupérer le virement. Chaque heure compte.
  2. Bloquez les coordonnées frauduleuses dans vos outils et identifiez tous les virements déjà faits, en attente ou programmés vers ce compte.
  3. Prévenez le vrai fournisseur, pour qu’il sécurise sa messagerie.
  4. Conservez les preuves : messages, en-têtes, factures, ordres de virement.
  5. Changez vos mots de passe si votre messagerie est en cause.
  6. Déposez plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur de la République. Cybermalveillance.gouv.fr cite aussi la plateforme THESEE pour certaines escroqueries en ligne, et les numéros France Victimes (116 006) et Info Escroqueries (0 805 805 817).

Ce qu’une vérification au registre apporte, et ce qu’elle n’apporte pas

Soyons clairs : aucun registre d’entreprises ne dit à qui appartient un IBAN. Le rappel téléphonique reste indispensable. Mais le registre répond à trois questions utiles dans votre procédure :

  • Ce fournisseur existe-t-il ? Un SIREN, une dénomination, une date de création.
  • Est-il toujours actif, à la même adresse ? Un siège qui change ou une cessation sont des raisons de s’arrêter.
  • Fait-il l’objet d’une procédure collective ? Une entreprise en liquidation ne paie plus et ne se fait plus payer comme avant.

Fuentio lit ces registres pour vous, avec la source et la date de vérification sur chaque réponse :

  • la vérification gratuite contrôle une entreprise par SIREN, SIRET, numéro de TVA ou nom (3 vérifications par jour, sans compte) ;
  • la vérification de liste gratuite contrôle jusqu’à 20 fournisseurs d’un coup, avec les annonces de procédure collective du BODACC pour la France ;
  • l’API s’intègre à votre outil de gestion des fournisseurs pour vérifier automatiquement chaque création ou modification : une clé gratuite donne 100 unités par mois.

Le résultat : moins de vérifications manuelles, et une trace datée de chaque contrôle dans le dossier du fournisseur. Voyez ce que nous couvrons en France et en Espagne.

Questions fréquentes

Comment vérifier un changement de RIB d’un fournisseur ?

Rappelez le fournisseur sur un numéro que vous connaissez déjà, jamais celui du message, et faites valider la modification par une deuxième personne avant tout paiement.

Qu’est-ce que la fraude FOVI ?

L’escroquerie aux faux ordres de virement : l’escroc usurpe l’identité d’un dirigeant, d’un fournisseur ou d’un employé pour obtenir un virement vers un compte qu’il contrôle.

Que faire si j’ai payé une fausse facture ?

Alertez immédiatement votre banque pour tenter de suspendre le virement, conservez les preuves, prévenez le vrai fournisseur et déposez plainte.

Le registre des entreprises peut-il confirmer un IBAN ?

Non. Il confirme que l’entreprise existe, qu’elle est active, son siège et ses procédures collectives. Le RIB se confirme auprès du fournisseur, par un canal que vous connaissez.

Sources

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