SAS, SARL, SASU, EI : les formes juridiques françaises expliquées

Les formes juridiques françaises courantes, leurs règles d’associés et de capital, la responsabilité qui en découle, et leur place dans les registres.

· Par l’équipe Fuentio · 6 min de lecture

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SAS, SARL, SASU, EURL, EI, SA : derrière ces sigles, il y a des règles différentes sur le nombre d’associés, le capital et la responsabilité. Quand vous vérifiez une entreprise, la forme juridique vous dit à quel type de structure vous avez affaire, et elle apparaît dans les données officielles sous la forme d’un code. Ce guide présente les formes les plus courantes, leurs règles de base, et la façon de lire la forme d’une entreprise dans les registres.

Les règles ci-dessous viennent de service-public (page « Choisir le statut juridique », vérifiée le 10 avril 2026), consulté le 8 octobre 2026.

Ce que vous allez apprendre

  • Les formes juridiques les plus courantes et leurs règles de base
  • La différence entre une entreprise individuelle et une société
  • Ce que la forme dit de la responsabilité des associés
  • Comment la forme apparaît dans les données (code INSEE, code ELF)
  • Pourquoi la forme compte quand vous vérifiez une entreprise

Les formes courantes, en un tableau

Les formes juridiques courantes et leur code INSEE : l’EI, sans associé ni capital, code 1000 ; la SARL (2 à 100 associés) et l’EURL (1 associé), capital libre, code 5499 pour la SARL ; la SAS (2 associés minimum) et la SASU (1 associé), capital libre, code 5710 pour la SAS ; la SA non cotée, 2 associés minimum et 37 000 € de capital minimum, code 5599 pour la SA à conseil d’administration
Source : service-public (vérifié le 10 avril 2026) ; catégories juridiques de l’INSEE.

L’entreprise individuelle (EI) n’est pas une société : c’est l’entrepreneur lui-même, une personne physique, qui exerce. Il n’y a ni associé ni capital social. Selon service-public, l’entrepreneur dispose d’un patrimoine professionnel automatiquement séparé de son patrimoine personnel, avec des exceptions en cas de fraude ou de manquements graves. Le micro-entrepreneur est un entrepreneur individuel.

La SARL (société à responsabilité limitée) réunit entre 2 et 100 associés, avec un capital libre. Sa version à un seul associé est l’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée).

La SAS (société par actions simplifiée) compte au moins 2 associés, avec un capital libre. Sa version à un seul associé est la SASU. Elle laisse une grande liberté aux statuts pour organiser la direction.

La SA (société anonyme) compte au moins 2 associés si elle n’est pas cotée en bourse, 7 si elle l’est, et un capital d’au moins 37 000 €.

D’autres formes existent, notamment la société en nom collectif, les sociétés en commandite, les sociétés d’exercice libéral ou la société européenne, mais celles-ci couvrent l’essentiel de ce que vous croiserez.

Ce que la forme dit de la responsabilité

C’est souvent la question qui compte pour un fournisseur ou un client. Selon service-public :

  • Dans une SAS, une SARL ou une SA, la responsabilité des associés est limitée au montant de leurs apports au capital. La responsabilité personnelle du dirigeant peut toutefois être engagée en cas de faute de gestion ou s’il s’est porté caution à titre personnel.
  • Dans une société en nom collectif, ou pour l’associé commandité d’une société en commandite, l’associé est responsable solidairement et indéfiniment des dettes de la société.
  • Pour un entrepreneur individuel, le patrimoine professionnel est séparé du patrimoine personnel, sauf exceptions.

La forme ne dit rien, en revanche, de la solidité d’une entreprise : une SA n’est pas plus fiable qu’une SAS parce qu’elle a plus de capital minimum.

Comment la forme apparaît dans les données

Dans le répertoire Sirene, chaque entreprise porte une catégorie juridique, un code à quatre chiffres tenu par l’INSEE. Quelques codes que vous verrez souvent, tirés d’entreprises réelles :

  • 1000 : entrepreneur individuel ;
  • 5499 : société à responsabilité limitée (sans autre indication) ;
  • 5710 : SAS, société par actions simplifiée, par exemple Doctolib ;
  • 5599 : SA à conseil d’administration, par exemple Danone ;
  • 5510 : SA nationale à conseil d’administration, par exemple Renault ;
  • 5308 : société en commandite par actions, par exemple Michelin ;
  • 5800 : société européenne, par exemple Decathlon.

Ces codes sont précis mais propres à la France. Pour comparer des formes entre pays, il existe la norme internationale ISO 20275 et sa liste de codes ELF (Entity Legal Forms) : la SAS y a le code 6CHY, la SA à conseil d’administration le code K65D.

Fuentio donne les deux dans chaque fiche française : le code et le libellé d’origine de l’INSEE, et le code ELF correspondant, avec une catégorie générale. Pour les autres données d’une fiche, lisez les registres d’entreprises français expliqués.

Pourquoi la forme compte quand vous vérifiez une entreprise

  • Cohérence avec les documents. Un contrat signé « au nom de la SAS X » alors que le registre indique une SARL mérite une question : erreur de rédaction, ou autre entité ?
  • Qui peut signer. Le titre du dirigeant dépend de la forme : président dans une SAS, gérant dans une SARL. Comparez la fonction annoncée avec celle qu’indique le registre.
  • Entreprise individuelle ou société. Avec un entrepreneur individuel, vous contractez avec une personne physique : ses données personnelles relèvent du droit de la protection des données, et le registre peut en limiter la diffusion.

Pour aller plus loin dans la vérification, lisez ce qu’est le KYB. Voyez ce que nous couvrons en France et en Espagne.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre SAS et SASU ?

La SASU est une SAS à associé unique. Selon service-public, la SAS compte au moins 2 associés, la SASU un seul ; le capital est libre dans les deux cas.

Une EURL est-elle une SARL ?

Oui : l’EURL est la SARL à associé unique.

Où trouver la forme juridique d’une entreprise ?

Sur l’Annuaire des Entreprises, la fiche indique la nature juridique de l’entreprise. Dans les données Sirene, c’est la catégorie juridique.

Une micro-entreprise a-t-elle une forme juridique ?

Le micro-entrepreneur est un entrepreneur individuel : il relève de l’entreprise individuelle, avec un régime fiscal et social simplifié.

Sources

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